RevFR_Cats

Cats. Photo : Brinkhoff/Moegenburg © RUG

Cats

Théâtre Mogador, Paris

Pour la rentrée, Stage Entertainment nous propose la comédie musicale Cats. Cette œuvre, qui a déjà bien tourné dans le monde entier, est devenu un incontournable dans son genre. La version actuelle a été revue récemment pour son come-back sur le West End de Londres, mais la distribution est composée de 50% de Français. Andrew Lloyd–Webber voulait « moderniser » son spectacle, il transforme notamment le personnage de Rum Tum Tugger en rappeur. On peut comprendre qu'il ait souhaité appréhender la culture hip hop/urbaine, mais cela est trop décalé comparé au reste du spectacle. En ce qui me concerne, un chat portant une casquette à l’envers, me fait lever les yeux au ciel… Lloyd-Webber a également ajouté une partie dans un style d'opéra italien, avec beaucoup plus de succès. Cats. Photo : Brinkhoff/Moegenburg © RUG Il faut reconnaître que la scène du théâtre Mogador est un peu petite pour cette production, les décors massifs rendent l’espace un peu exiguë. Les lumières impressionnantes de Howard Eaton et David Hersey sont vraiment au top et donnent une réelle ambiance au show! Trente ans après sa création, la chorégraphie de Gillian Lynne conserve un look un peu rétro qui sent le vintage chic. Loin d’être datée ou vieillotte, c’est un choix stylistique cohérant. Mention spéciale pour le brésilien William Pedro dans le rôle de Mistoffelees, un danseur classique de haut niveau, qui fait preuve d’une technique virtuose remarquable et d’une interprétation excellente. Cependant, le fameux numéro de claquettes manquait d’entrain, le travail rythmique nécessite plus de précision et de légèreté. On peut également apprécier des voix impressionnantes, en particulier celle de Prisca Demarez dans le rôle de Grizabella, qui a littéralement fait sensation. Dans le rôle de Bombalurina, Rachel Ward démontre une polyvalence incroyable. Elle chante, joue et danse a un tel niveau, quel talent étonnant! Cats. Photo : Brinkhoff/Moegenburg © RUG Malheureusement, il y a quand même un bémol de taille dans cette production, l’adaptation en Français. On peut concevoir que le niveau d'anglais du public ne soit pas suffisant, mais le langage magnifique de T.S. Eliot, plein d'onomatopées, ne sonne pas juste à l'oreille dans cette traduction. Les paroles des chansons sont tirées des poèmes de son livre Le guide des chats du vieil opossum. Ainsi, l'histoire n'est pas toujours claire et est difficile à suivre. Par nature, il n’est pas simple de traduire des paroles en gardant leur sens, rythme et rime; mais dans ce cas, on se serait parfois un peu trouvé « lost in translation ». En tout état de cause, ce spectacle est très divertissant et plaira à toute la famille. Un vrai hit ! Oli Speers