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 Opéra de Paris - Fabien Révillion dans Mozartiana de Balanchine. © Emma Kauldhar.
George Balanchine
Mozartiana / Sonatine / Brahms-Schönberg Quartet / Violin Concerto
Opéra de Paris, Palais Garnier

L'Opéra de Paris nous a présenté un programme varié de ballets de George Balanchine. Nous apprécions la palette riche de ce chorégraphe, même si la soirée était peut-être un peu longue au final. 

Le spectacle s'est ouvert avec Mozartiana, un ballet assez peu remonté malgré son intérêt artistique évident. On retrouve ici l'amour de Balanchine pour la danse baroque. Mathias Heymann dans le premier rôle était remarquable avec sa technique brillante et son charisme contagieux. Sa partenaire, Myriam Ould-Braham paraissait un peu effacée à côté de lui, son corps et ses facilités font rêver certes, mais son interprétation un peu naïve manquait de rayonnement. Dans le rôle soliste, Fabien Révillion nous a éblouit par son énergie et son caractère dans une variation difficile. 

Sonatine a été ajoutée à la soirée pour rendre hommage à la grande danseuse Violette Verdy (suite à son décès en février dernier) ce pas de deux était accompagné par la projection d'un film retraçant sa vie. Léonore Baulac et Germain Louvet étaient captivants dès l'ouverture du rideau, un beau travail sensible et minutieux. Leurs corps se complétaient parfaitement dans des lignes harmonieuses et l'ambiance a conquis la salle. 

Opéra de Paris - Léonore Baulac et Germain Louvet dans Sonatine de Balanchine. © Emma Kauldhar

Par la suite, nous retrouvions le Brahms-Schönberg Quartet. Un ballet qui navigue dans ces quatres mouvements entre plusieurs styles et influences importantes pour Balanchine. Bien que le corps de ballet était d'une précision et d'une tonicité impressionnantes, quelques solistes manquaient de ce petit plus pour vraiment faire décoller l'ensemble. Dans le 1er mouvement, Séverine Westermann a créé la surprise avec son effervescence et son regard coquet dans le second rôle. Pour le suivant, Hannah O'Neill est évidemment une belle danseuse, mais sa danse reste encore trop technique et pas assez diffuse. Dans le 3ème mouvement, Mélanie Hurel n'était pas vraiment à la hauteur de son formidable partenaire Arthus Raveau. On a également apprécié la prestation de Marie-Solène Boulet dans le pas de trois. Dans la dernière partie il fallait admettre que Karl Paquette paraissait fatigué à coté d'Alice Renavand. 

Opéra de Paris - Alice Renavand dans Brahms-Schönberg Quartet de Balanchine. © Emma Kauldhar

La soirée s'est clôturée par Violin Concerto avec une musique de Stravinsky, et on y a retrouvé un ballet plus typiquement balanchinien dans son style. Encore un beau moment pour le corps de ballet, qui était clairement bien répété. Leur musicalité et les formations étaient très aiguisées, j'ai surtout apprécié Héloïse Bourdon et Chun Wing Lam. Dans les rôles solistes ce sont les garçons qui ont pris le devant, Hugo Marchand et Audric Bezard étaient tous deux époustouflants. Des corps agiles, des techniques impeccables et du charisme par dessus le marché, que faut-il de plus? 

L'Opéra de Paris se défend, comme d'habitude, la force de son corps de ballet étant un réel atout. Mais la puissance de ses étoiles était un peu plus aléatoire. 

Oli Speers