FR_Songe

Opéra de Paris - Paul Marque et Eleonora Abbagnato dans Le Songe d'une nuit d'été de Balanchine © Emma Kauldhar.
Le Songe d'une nuit d'été

 Opéra de Paris, Opéra Bastille

La pièce incontournable de Shakespeare démarre avec les intrigues habituelles du premier acte. Les relations entre les personnages sont essentielles ici, mais on profite également de la comédie et de l’espièglerie. Le second acte évoque une série de divertissements donnés pour le mariage des amants, offrant à voir des danses intéressantes, et quelques autres beaux moments qui restent en mémoire après le spectacle. Crée en 1962, avouons que le ballet paraît parfois un peu daté. Ce n’est pas tant la chorégraphie qui trahit l’âge de l'œuvre mais plutôt la mise en scène et la pantomime.

 Opéra de Paris - Alice Renavand dans Le Songe d'une nuit d'été.

Dès l’ouverture du rideau nous sommes frappés par les décors somptueux et créatifs de Christian Lacroix qui nous transportent dans une lointaine forêt. Oberon était interprété par Paul Marque. S'il possède à la fois la technique et des qualités de mouvement très riches, ses variations à elles seules valaient le déplacement. Sa Titania, Eleonora Abbagnato, a donné une belle prestation mais manquait en qualité d’éthérée pour vraiment s’imposer. Son plié aurait pu être plus souple et léger.

De nombreux personnages composent ce livret, ce qui peut parfois prêter un peu à confusion. Hugo Vigliotti était un Puck plein de charisme et d'énergie dans ses rebonds. Ce soir là, quelques fouettés d'Alice Renavand, dans le rôle d’Hippolyte, étaient un peu justes, à l'opposé de beaux grand jetés. Sae Eun Park était tout en lyrisme dans le divertissement du second acte, sa technique infaillible et ses amplitudes résonantes ont conquis le public. Sans parler des quatre amants, de Bottom, Thesée, du Papillon…

Opéra de Paris - Eleonora Abbagnato et Francesco Vantaggio dans Le Songe d'une nuit d'été.

Le corps de ballet était impeccable dans ses formations modulantes et en harmonie dans leurs ensembles. On n'en attendait pas moins de leur part. Cela dit, le pas de douze divertissements nous a enchanté par sa beauté face à une chorégraphie complexe. Les élèves de l’école de l’Opéra étaient également très précis, dignes de leurs aînés.

Opéra de Paris - Sae Eun Park et Karl Paquette dans Le Songe d'une nuit d'été.

De manière générale, j'ai sentais un léger manque d’attaque effervescente dans les impulses et impacts qui font la signature de Balanchine. Parfois, la chorégraphie était lissée et purifiée, ce qui la rendait agréable à regarder,  mais en enlevant un peu de l’excitation qu’on associe avec ce style de mouvement.

En conclusion, une très belle production avec quelques prestations remarquables!

Oli Speers